Sentinelle rocheuse solitaire plantée au cœur d'une redoutable passe océanique, repère incontournable pour les plongeurs expérimentés.
Peu foulé par le grand public, l'îlot Suarez est cette silhouette rocheuse qui trône stoïquement dans ce que l'on nomme le 'Passe Oronjia', la porte d'entrée colossale où les houles de l'Océan Indien se heurtent avant de s'apaiser dans l'immensité de la rade d'Antsiranana. Isolé au milieu des flux titanesques provoqués par les marées et les courants d'arrachement (soumis à de puissantes forces), il est le repère marin le plus extrême du secteur, frôlé quotidiennement par les boutres et cargos mondiaux s'engageant dans le port.
Portant le nom de l'un des premiers navigateurs portugais à avoir reconnu ces côtes extrêmes (Fernando Suarez vers les années 1540), il n'a possédé aucun grand historique d'occupation humaine, restant sauvage, contrairement au promontoire fortifié du Cap Miné qui lui fait face de l'autre côté.
Dans le milieu de la navigation locale et maritime, l'îlot a une fonction de balise charnière psychologique. Pour les pêcheurs, une fois passé ce rocher en direction du large, ils quittent l'étreinte protectrice de la baie pour affronter la 'vraie' mer violente et imprévisible.
Totalement inhospitalier en surface, son véritable trésor se cache en dessous du niveau de l'eau. Les courants violents et froids charrient une incroyable quantité de nutriments qui attirent au pied des tombants de l'îlot de gros pélagiques, de grosses carangues et parfois des requins de récif. C'est l'un des sites de 'plongée dérivante' les plus mémorables de la province.
À observer depuis le pont d'un voilier ou d'une vedette (lors de l'aller/retour vers la Mer d'Émeraude). Pour les plongeurs sous-marins avec bouteille, c'est un Drop Dive ('plongée courant') phénoménal qui demande la présence de guides divemaster certifiés de Diego Suarez, ne s'y aventurer seul en palmes/tubas serait suicidaire.